Fiscalité avancée

Qu'est-ce que Principal Purpose Test (PPT)?

Une règle anti-abus des conventions introduite par le MLI BEPS : les avantages conventionnels sont refusés si leur obtention était l'un des principaux objectifs d'un arrangement.

Dernière mise à jour
Mis à jour le 9 mai 2026
Temps de lecture
4 min de lecture

Comment ça fonctionne

Le Principal Purpose Test (PPT) a été ajouté au droit fiscal international via l'Article 7 du MLI BEPS, signé par plus de 100 pays. Sa fonction : refuser les avantages conventionnels lorsque l'obtention de l'avantage était l'un des principaux objectifs d'un arrangement.

La formulation standard des conventions (selon l'Article 29(9) du Modèle de l'OCDE après le BEPS) :

Un avantage en vertu de cette Convention ne sera pas accordé à l'égard d'un revenu ou d'un capital si l'on peut raisonnablement conclure, compte tenu de tous les faits et circonstances pertinents, que l'obtention de cet avantage était l'un des principaux objectifs de tout arrangement ou transaction qui a directement ou indirectement abouti à cet avantage, à moins qu'il ne soit établi que l'octroi de cet avantage dans ces circonstances serait conforme à l'objet et au but des dispositions pertinentes de cette Convention.

Deux seuils :

  1. Test de l'un des principaux objectifs — bien inférieur à "l'objectif unique" ou "l'objectif principal". Plusieurs objectifs légitimes peuvent coexister avec un objectif fiscal ; si l'objectif fiscal est principal (pas nécessairement dominant), le PPT peut s'appliquer.
  2. Norme de raisonnabilité à conclure — l'autorité fiscale doit démontrer qu'il est raisonnable de conclure que la fiscalité était un objectif principal, sans avoir à prouver de manière concluante.

Le contribuable peut contredire en montrant que l'avantage, dans les circonstances spécifiques, s'aligne avec l'objet et le but de la disposition conventionnelle invoquée. En pratique, cela nécessite de démontrer la substance commerciale, la logique commerciale et que l'arrangement n'est pas un simple conduit.

PPT vs. LOB

CaractéristiquePPTLOB
OrigineMLI BEPS de l'OCDE (2017)Pratique conventionnelle américaine (années 1980)
Type de testSubjectif (basé sur l'intention)Objectif (tests clairs)
Champ d'applicationTout avantage conventionnelAvantages conventionnels spécifiés
CouvertureLa plupart des conventions modernes via le MLIConventions américaines principalement
Charge de la preuveL'autorité doit montrer l'objectifLe contribuable doit réussir un test

De nombreuses conventions post-2017 combinent les deux — LOB pour les tests structurels et PPT comme filet de sécurité. Une structure réussissant le LOB peut échouer au PPT si l'objectif principal était fiscal.

Pratique conventionnelle américaine

Les États-Unis n'ont pas signé le MLI. Le PPT ne s'applique donc pas automatiquement dans les conventions américaines. Au lieu de cela :

  • Les conventions américaines continuent d'utiliser le LOB comme principal dispositif anti-abus des conventions.
  • Les conventions américaines récentes (modèle post-2016) ajoutent parfois une clause "objectifs principaux" qui reflète le PPT.
  • La Doctrine de Substance Économique américaine (codifiée §7701(o)) fonctionne comme une règle anti-abus parallèle.

Pour les fondateurs structurant via des conventions américaines, le LOB est l'objectif. Pour les fondateurs utilisant des conventions couvertes par le MLI de l'UE, du Royaume-Uni ou d'autres, le PPT peut s'appliquer.

Exemples

  • Un investisseur indien insère une SPV chypriote pour accéder à une retenue à la source de 0 % sur les prêts d'origine britannique selon la convention Royaume-Uni-Chypre. La SPV n'a pas d'employés, pas de locaux, pas d'activité commerciale au-delà de la détention de la note de prêt. L'autorité fiscale britannique applique le PPT (convention Royaume-Uni-Chypre post-MLI) : l'un des principaux objectifs était l'avantage conventionnel (clair d'après les faits : la SPV n'existe pour rien d'autre) ; avantage refusé → une retenue à la source de 20 % s'applique sur les intérêts.
  • Une multinationale française utilise une holding luxembourgeoise pour gérer les investissements de ses filiales européennes. La holding luxembourgeoise a du personnel, des conseils d'administration à Luxembourg, prend des décisions d'investissement substantielles. La filiale française réclame des avantages de la convention France-Luxembourg sur les dividendes versés. Analyse du PPT : même si l'efficacité fiscale était un facteur, la holding a une véritable substance commerciale et un rôle opérationnel. Le défi du PPT échoue ; l'avantage est accordé.

Erreurs courantes

  • Traiter le PPT comme identique au LOB. Tests différents, juridictions différentes, charges différentes. Les arrangements modernes peuvent devoir passer les deux.
  • Sous-estimer "l'un des principaux objectifs". C'est une barre basse. Plusieurs raisons commerciales légitimes pour une structure ne l'immunisent pas contre le PPT si un objectif fiscal est également principal.
  • Omettre la documentation de substance et de logique. Les défis au PPT reposent sur des preuves contemporaines de substance commerciale — procès-verbaux de conseil, décisions prises localement, employés, locaux. Le construire après le défi est trop tard.
  • Supposer que les conventions américaines sont exemptes de PPT. La plupart le sont (les États-Unis ne sont pas dans le MLI), mais les conventions américaines post-2016 incluent des clauses similaires sur les objectifs principaux. De plus, la Doctrine de Substance Économique fonctionne à l'échelle nationale.

Questions fréquentes

En quoi le PPT diffère-t-il du LOB ?

Le PPT est un test basé sur l'intention subjective ; le LOB est un ensemble objectif de règles claires.

Le PPT a-t-il été litigé ?

Des affaires émergent ; la jurisprudence précoce suggère une application large mais avec un respect de la substance commerciale.

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